Le langage internet

Le langage est constitutif de l’humain, son essence ainsi que la structure
de toute pensée, conceptuelle ou non, réfléchie, logique ou
mathématique. Depuis Aristote qui le définit comme apriori formel de toute
rhétorique, la philosophie se scinde en deux courants ; celle
généalogique de l’invention d’un langage et celle philologique
s’interrogeant ou étendant l’histoire des concepts en ses langues
différentielles, jusqu’à la logique de Wittgenstein ou Frege qui en font le
sujet et l’objet de la philosophie même. Au 19ème siècle la
psychanalyse avec Freud se nommera la « talking cure »et deviendra une
science expérimentale qui à travers les mots donne sens au symptôme
pathologique d’origine psychique et somatique. Lacan formalisera cette
expérience en énonçant que l’inconscient est structuré comme un
langage. La clinique elle-même ainsi hérite de son objet : la langue, le
langage…Sans oublier la littérature qui avec des mots crée des
mondes pour vivre et rêver, construire ou élever des civilisations.

Puis naquit le monde virtuel avec ses moteurs de recherche, ses mots clefs,
ses outils d’une langue qui surfe sur celle du réel. Internet,
second life politique idéologique, qui avec ses « jeux de langage » à la
Wittgenstein gouverne le désir des internautes, pour bouleverser
leur vie tout court, lorsqu’il s’agit d’interférer, par rôles interposés
dans leurs choix amoureux ou boursiers ?…

La recherche qui nous anime est d’une part :
- d’entrer dans la compréhension interne de l’utilisation de ce langage,
- de nous demander si celui-ci ne fait que réutiliser sous de nouveaux modes
une même stratégie millénaire ; la rhétorique de volonté de
puissance, ou bien
- si, ce langage ne renouvelle pas la langue elle-même, comme celle d’un
autre espace euclidien.

Internet, est ce une révolution copernicienne dans la communication ou
radicalement un autre espace que le langage commun entérine dans
l’utilisation de ce que l’utilisateur ne sait pas et qui pourtant le pense ?

Le langage technique virtuel me pense- t -il ,ou bien, puis- je, si c’est
le cas, créer des points de rupture en « hackant » celui html,
mysql, binaire ou « hallucinatoire » dans la projection imaginaire de ce que
je décide en quêtant sur Internet quand j’effectue une
recherche ?

Et si les mots clefs que j’emploie pour trouver « je ne sais quoi »,
fonctionnaient comme des associations discursives ?

Ou encore, écrire ou effectuer une recherche, est-ce ne s’appuyer que sur le
signifié sans signifiant comme l’est le langage musical ou
alors n’est il qu’une redondance signifiante dont les modalités se
dédoublent et se déplacent du monde logique vers celui des affects ?

A savoir que ce que je pense je le désire ? Ou bien est ce que, ce que je
recherche, me désire ou me manipule dans l’utilisation de ses
moteurs fondamentaux et dont à la finale je n’aurais que subi la dimension
subliminale ?

Les techniques de base proposées par les moteurs de recherche et qui les
mettent en situations, les sites, les paysages virtuels, les
ouvertures sur l’écran de fenêtres différentielles, chacune dépendante de sa
mise en forme mathématique, laissent- elles une place pour le
choix libre du sujet ou bien la couleur de sa dimension abolit-t-elle toute
liberté chez l’internaute ?

L’internaute est il pour lui-même un intern-autre à un doigt de clic de
lui-même ? Je est un autre écrivait déjà Rimbaud en langage poétique
& musical des rimes et des vers ! Internet est-ce l’enfer inconnu d’une
liberté illusoire et paradisiaque décuplant politiquement,
idéologiquement l’illusion du pouvoir du sujet, ou bien un outil à subvertir
pour penser la langue des chercheurs sans limites logiques ?

Si tel est le cas l’invention de moteurs de recherches autres que Google,
Yahoo, MSN, casseraient ils le monopole de l’information et du
savoir tentaculaire de ces derniers qui tels Big Brother se nourrissent de
ce qui les indispose ?

Qu’impliquent Mysql, Html, et autres systèmes d’inscriptions d’espace ? Un
temps de liberté ou de réseaux qui ne filtrent qu’une mémoire
aliénante qui dure ?

Quel est le langage du temps et de l’espace Internet et ses implications
ainsi que les créations rendant possible une recherche respectant
la civilisation ? Telle est notre recherche et ce qui met en œuvre la
société Clic-France.

Quelle question entraîne le fait que par exemple une proposition telle que :
« Mon corps n’a jamais disparu pour réapparaître quelque temps
après. » dans l’espace virtuel de la projection internautique? L’ubiquité ou
la résurrection logique des corps ne pose t elle pas celle de
savoir si ma conviction inébranlable que etc , etc … cela veut dire, dans le
cas présent, que je ne suis pas parvenu à cette conviction
consciemment ou inconsciemment en suivant un processus de pensée déterminé,
mais qu’elle est à tel point ancrée dans toutes mes questions et
réponses que je ne peux pas y toucher et que le langage virtuel déstabilise
dans son pouvoir et son savoir à priori ?

Qu’est ce que je cherche quand je clique sur un moteur de recherche ? Ou
qu’est ce qui ma trouvé ou cherché quand le clic fait son effet
visuel et sémantique ? A quelle référence linguistique le langage
internautique fait-il appel pour nous donner envie de le parler et d’en
user et abuser dans l’univers premier de la communication et second des affects ?

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